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 textes écrits le samedi 12 juin 07

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pauline



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Age: 29
Localisation: 84 rue d'albanie
Date d'inscription: 30/04/2007

MessageSujet: textes écrits le samedi 12 juin 07   6/7/2007, 5:01 am

[b]pour ceux que ça intéresse, voilà les 4 textes issus de l'exercice d'écriture du samedi 12 mai chez oviédo.[/b]

pour rappel: Julie, Aurore, Madeleine, Pauline ont décidé d'écrire chacune un texte en 1h à partir de 20 mots qu'elles avaient cité (5 mots chacune).
puis les textes ont été lus, mis au propre et placés au centre du plateau comme matière de jeu pour l'improvisation à venir.



Texte de Aurore
Résonance du cri harassant de l’enfant. Ma bouche se ferme.

La chambre du dessous enferme mon corps d’homme à jamais vidé de son corps incendié par mes soins.

Mes robes anciennes me rendent sourde aux modes magazinées.

PAF PAF PAF PAF et je le frappe, je le frappe, je pourrais l’incendier, l’enfermer dans la chambre du dessous jusqu’à ce que son cri me rende saoule, jusqu’à ce que le sommet de ce cri quitte sa bouche et qu’il se sente évidé de son cri.

Je me suis vidangée de l’homme qui était en moi.

Tue tue tue pour ton sommeil profond. Nettoie la vie des cris.

Une particule de moi s’envole et quitte terre et vit pour le sommet du rêve. Mon corps passe devant l’histoire et se brûle d’avoir voulu la toucher.

Je veux grimper au sommet de l’arbre, passer devant l’oiseau sans qu’il ne bouge pour pouvoir m’arrêter, me mettre dans sa position et recueillir tout mon enfant pour qu’il me dise que je sais voler.
Recueillir le fruit de mon vol c’est peut être incendier une partie de ma vie.

Je dépeuple mon être de ces autres.

J’ai croisé une petite femme au visage comme incendié, sa peau était brune mais ses traits étaient noirs comme si son visage était l’écorce d’un vieil arbre dont l’écorce est tellement sculptée qu’elle arrive à toucher le centre de l’arbre.

Sur le plafond, le cri de l’enfant résonne.





texte de Madeleine
Elle. Un hurlement. Elle est au sommet des montagnes. Ses pieds nus écorchés par la roche. Elle. Pousse un cri strident qui vient du fond des ages. Elle est. L’androgyne dépeuplée. Son corps se tend. Hurle hurle. Le fruit de tes entrailles est banni. Elle. Pousse un cri comme un appel au secours, identique à celui d’Antigone, qui n’en finit pas, antique.
Elle. Se souvient. Les chambres froides, les bars moisis, les milles verres vidés dans la gueule de ces hommes qui n’en finissaient pas d’aiguiser leur sexe sur sa tendre bouche. Son ventre. Plein de leur semence.
Elle hurle pour gommer pour oublier leurs frémissements putrides.
Nue sous les étoiles. Elle est. La femme et l’enfant. Elle est la vengeance, la haine et l’amour. Son cri je l’entends encore. Et je ne dors plus.




Texte de Pauline
Son cri perce.
La nuit je n’entends que ça.

Son cri c’est comme me toucher, me tordre.
C’est prendre ma peau entre ses doigts et la serrer très fort.
Jusqu’à faire mal. Jusqu’à trembler.

Son cri transperce tout.
Traverse la pierre, dépasse les feuilles.
Glisse.
Plonge
Son cri détruit la roche
Et les montagnes tremblent.





Texte de Julie
Se tendre toujours et encore croire que l’on peut atteindre le sommet par le jouissif frémissement de la parole.

Passer devant les cris qui nous hantent sans lever les yeux garder la bouche cassée crevée fermée quand les cœurs sont dépeuplés de vie ne pas se hisser pour hurler quand l’injustice gouverne chacun de mes pas.

Je veux être l’enfant je veux être celle qui incendie je veux être celle qui aime celle qui arrache celle qui désire celle qui croit que tout est possible celle qui croit que tout est possible et tant pis mes lèvres s’animent dans les vapeurs de l’alcool.

La nuit a coulé
Que s’est-il passé ?

Je me souviens d’hier la fièvre m’a quitté illusions mais je veux croire bon dieu encore et toujours alors de tous les sens je gratte et les ongles cassés au fond ne reste pas le fruit de cette nuit d’ivresse.

Concentration le plafond danse et cherche à m’aspirer je lutte je résiste je respire fort fort avec la bouche.

Je pleure sur le monde mon corps bat contre lui je descends jusqu’au tréfonds frappe timidement à la porte la chambre du dessous abrite les démons réunis les spectres anciens se nourrissent des nouvelles peurs androgynes.

Mais ma mère m’a construite dans la roche mon sang est brûlant et ce n’est pas ce soir que je meurs

Alors
Le frémissement d’un son
Et je renais
Enfin
Mes yeux peuvent
Enfin
S’ouvrir

L’angoisse a disparu
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textes écrits le samedi 12 juin 07

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